Célia

Morges

Photos: © Maud Guye-Vuillème
Propos recueillis par Raphaël Dupertuis


19 février 2021

« Stoppé·e·s net » est une série de portraits destinée à mettre en valeur les personnes dont l’activité a été freinée, voire interrompue, par la pandémie de COVID-19 et les mesures appliquées pour lutter contre celle-ci.
Elle est réalisée en collaboration avec Maud Guye-Vuillème, photographe, et Raphaël Dupertuis, fondateur de Made in Vaud.

Célia, qu’est-ce qui t’a amenée dans le domaine de la restauration ?

Je viens d’un petit village de Bretagne. J’ai toujours été passionnée de sport, notamment de natation, et je voulais être pompier maître-nageur. Mais je n’ai pas pu trouver de stage alors je suis allée travailler dans un restaurant deux étoiles Michelin. Un jour, quand j’avais 15 ans, j’y ai goûté du vin et j’ai eu un coup de foudre instantané : je voulais être sommelière !
Alors j’ai fait un apprentissage dans la restauration. Pour être sommelière j’ai dû attendre d’être majeure.

Depuis, je suis toujours restée dans le vin, notamment à Londres dans des restaurants étoilés. Je suis aussi allée en Afrique du Sud, où j’ai passé un diplôme en oenologie. Car pour mieux le présenter et le vendre, il fallait que je sache comment on le fabrique !

Après des années faites de voyages, notamment en Argentine en Australie ou encore en Nouvelle-Zélande, j’ai atterri dans un restaurant trois étoiles Michelin à St Tropez. Cela m’a vraiment plu, j’y ai fait trois saisons. Après ça, j’ai voulu monter mon propre restaurant. J’ai eu une opportunité en Suisse pour ouvrir mon restaurant et après quelques mois de conception et de travaux, L’Envie a ouvert à Morges !

Ce qui me passionne, c’est le partage et la convivialité. Être sommelière, ce n’est pas juste vendre du vin. C’est un travail qui se fait bien avant de le proposer au client : se documenter, rencontrer les producteurs, déguster… J’aime les vins qui sont faits en petite quantité, du coup ça m’oblige à aller sur le terrain, à faire de nouvelles rencontres et créer des liens. J’ai bien aimé fabriquer le vin, mais ce qui me plait c’est vraiment la sommellerie: le plaisir de recommander le vin au client, de voir son visage s’éclairer quand il le goûte et qu’on a visé juste sur ses goûts.

Le vin, c’est un peu un art aussi. Derrière chaque étiquette il y a une vrai histoire, des personnes passionnées qui s’investissent. En vendant le vin, je transmets la passion et le travail du vigneron. On transmet une part de rêve !

Qu’est-ce qui te manque le plus depuis la fermeture de ton restaurant ?

J’ai l’impression de stagner. Le monde du vin évolue tout le temps, il n’y a pas de routine : nouveaux millésimes, nouvelles cuvées, nouveaux produits… Il y a tant de choses à apprendre en permanence, c’est un monde immense, alors quand en plus tout est à l’arrêt c’est encore pire ! Là, je ne rencontre plus de vignerons, il n’y a plus de dégustations… Je peux bien-sûr toujours boire du vin à la maison, mais ce n’est clairement pas pareil…

Photos: © Maud Guye-Vuillème

Avez-vous envisagé les plats à l’emporter ?

On y a réfléchi mais on a décidé de ne pas le faire. On s’est renseignés sur les modes de livraison, mais les contrats nécessitaient trop d’investissement juste pour tester le concept. À Morges, beaucoup de nos clients sont des employés qui travaillent en ville et viennent pour le repas de midi. Ces temps, beaucoup sont en télétravail, c’est tout une clientèle fidèle qui n’est plus là.

Les restaurants proposant des plats à l’emporter ont souvent les patrons en cuisine, alors que nous avons un chef, donc un salaire à payer pour vendre rien que quelques plats. Si on ouvre à l’emporter, cela représente donc pas mal de charges qui ne seraient pas couvertes.

De plus, notre cuisine n’est pas forcément adaptée, nos mets sont délicats et on aurait trop peur de décevoir les gens avec des plats moins soignés ou détériorés pendant la livraison. Pour notre image et pour le respect de la qualité des produits.

Mais l’envie de travailler est là, on est à fond pour la reprise et on vend des kits apéros. Ca marche pas mal, ça fait plaisir de garder contact comme on peut avec nos habitué·e·s.

Qu’as-tu appris de cette situation particulière ?

Ça a été un choc d’apprendre qu’on devait fermer. Cela nous aura appris que cela peut arriver, ça nous force à nous réinventer, mais malgré tout ce qu’on peut créer, on ne pourra jamais remplacer l’expérience que l’on a physiquement quand on est ouvert. Manger au restaurant, c’est la nourriture, mais aussi l’accueil, les rencontres, les sourires, la sensibilité des personnes…

Il faut se battre, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. Il faut positiver, regarder devant. Au lieu de nous plaindre, on préfère garder notre énergie pour créer de nouvelles cartes et se projeter dans le futur.

En Suisse, on a quand-même la chance d’avoir des aides. Je travaille sur un autre projet au Portugal par exemple, et là il n’y a aucune aide à disposition.

Célia, fondatrice de L’Envie à Morges

Précédent:

«

Suivant:

»

Autres histoires de Vaudois·es

Dans quelle localité souhaitez-vous vous rendre ?

Quel thème souhaitez-vous explorer ?

Card image Portrait

Sandra

« Quand je fais face à un échec, je me dis à chaque fois que c’est une opportunité d’un nouveau départ. »

Lully

Card image Portrait

Baka

« Quand à cause de la guerre tu es en danger de mort en permanence, que tu dois fuir ton propre pays pour te réfugier ailleurs, c’est vraiment difficile à vivre. Je ne le souhaite à personne. »

Morges

Card image Portrait

Nano

« Passé un certain âge, tu commences à avoir envie de vivre un peu différemment. »

Morges

Card image Portrait

Dominique

« Je sais que certaines choses ne vont pas bien dans le monde, mais la Vie est trop belle pour ne pas en profiter ! »

Morges

Card image Portrait

Zoé

« Il y a bien-sûr parfois des petits moments où le moral n'est pas au top, par exemple après une compétition qui ne s'est pas déroulée comme prévu. Ma plus grande motivation dans ces moments-là, c'est d'analyser ce que j'ai fait de faux et de m'entrainer encore plus là-dessus. »

Villars-sous-Yens

Card image Portrait

Priya

« Le véritable ennemi n’est pas extérieur, c’est notre mental. »

Morges

Card image Portrait

Julien

« Avec plusieurs fractures au niveau du crâne, mon cerveau a été atteint et j’ai dû réapprendre à faire des phrases, à me faire comprendre. »

Morges

Card image Article

Kooka-Coffee, une expérience au-delà du café

« À mon retour en Suisse, je me suis presque interdit de boire du café tellement il ne me convenait pas. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas le faire moi-même ? »

Morges

Card image Portrait

Laetitia

« Quand on est dans l’ambiance du voyage, je ne sais pas si on est conscient de tout ce que l’on fait. Avec le recul, ça parait un peu fou, trois étudiantes seules dans une aventure pareille, je ne sais pas si on le referait ! »

Penthalaz

Avec le soutien de :

Vous êtes une entreprise ?
Made in Vaud cherche des soutiens pour pouvoir se développer.
Retrouvez toutes les informations ici !

Des nouveaux portraits inspirants inédits, directement dans votre boîte mail deux à quatre fois par mois !

Commencez votre semaine de manière inspirante en recevant directement les nouveaux portraits publiés et soyez dans les premiers·ères à partir à la rencontre des Vaudoises et Vaudois !

Nous ne transmettrons en aucun cas votre e-mail à des tiers. Vous pouvez vous dés-inscrire en tout temps en cliquant sur les liens à la fin de chaque e-mail que nous vous envoyons.